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Bienvenue dans le cent vingt-neuvième épisode du blogue de Montréal hanté !

Avec plus de 600 histoires de fantômes documentées, Montréal est sans conteste la ville la plus hantée du Canada, voire de toute l’Amérique du Nord. Montréal hanté se consacre à la recherche de ces histoires paranormales et son blogue, Montréal hanté, dévoile une nouvelle histoire de fantômes se déroulant à Montréal le 13 de chaque mois !

Ce service est gratuit et vous pouvez vous inscrire à notre liste de diffusion (en haut à droite pour les ordinateurs de bureau et en bas pour les appareils mobiles) si vous souhaitez le recevoir tous les mois le 13 ! Le blog est publié en anglais et en français !

Après un hiver rigoureux, nos visites hantées en plein air sont de retour de la mort ! Griffintown hanté, le Centre-ville hanté et Mont-Royal hanté rejoignent le Vieux-Montréal hanté à notre programme.

Notre Tournée de bars hantés se poursuit tous les dimanches à 15 h en anglais, et le dernier dimanche du mois en français… sous réserve du calendrier des séries éliminatoires des Canadiens.

Et ce mois-ci, une nouvelle enquête paranormale vous attend ! Plus d’infos dans la rubrique « Nouvelles de la Société ».

Ce mois-ci, nous retournons sur la Roche Noir, le monument commémoratif du cimetière de la Grande Famine irlandaise, entouré d’activités paranormales et de machinations politiques.

Recherche hantée

En mars 2018, Montréal hanté a pour la première fois publié un article sur The Black Rock (la Roche noire), un rocher de granit de 30 tonnes qui marque l’emplacement du deuxième plus important cimetière destiné aux victimes de la Grande famine des Irlandais. Situé dans un secteur industriel de la rue Bridge, le cimetière a été profané à maintes reprises depuis 1847.

Au fil des années, des entreprises l’ont utilisé comme dépotoir, l’ont sillonné de rails de chemin de fer et l’ont entouré d’une autoroute.

Plus récemment, un coffrage a été implanté au cœur du cimetière afin d’y installer un pylône destiné à soutenir le réseau du REM. À la suite de ça, quatorze squelettes ont été pulvérisés, puis exhumés et envoyés dans un laboratoire pour y être analysés.

Inutile de préciser que toutes ces profanations ont provoqué une activité paranormale intense au cimetière. Selon certaines informations, des fantômes hanteraient non seulement le cimetière, mais aussi l’ensemble du réseau ferroviaire du REM.

Aujourd’hui, tous les efforts sont mis à la transformation de ce cimetière désaffecté où reposent plus de 6 000 âmes en un parc de renommée mondiale.

Cependant, malgré ces bonnes intentions, la gestion du projet pose de sérieux problèmes.

La fondation du parc du Monument irlandais a été créée en 2014 par Victor Boyle, président de l’ancien ordre des Hiberniens.

Il demanda à l’historien amateur Fergus Keyes de signer les documents nécessaires à la création de l’organisation. Ils recrutèrent par la suite des membres de la communauté irlandaise locale ; des politiciens, des historiens et des universitaires internationaux pour aider à la création d’un parc de renommée internationale sur le site du cimetière de la Grande famine irlandaise. On m’a proposé de rejoindre le conseil d’administration et j’ai accepté.

Avec le temps, le projet prit forme. Cependant, des tensions existaient au sein de l’administration de la fondation du parc du Monument irlandais et parmi ses membres. Fergus Keyes commença entre autres à publier sur la page Facebook du groupe des contenus qui rendaient hommage à des personnages historiques britanniques responsables de génocides, tels que le général Jeffrey Amherst et John A. Macdonald.

L’impérialisme britannique étant à l’origine de la Famine irlandaise, de nombreux membres de la fondation protestèrent.

Face à cela, Keyes exclu du projet toute personne ne partageant pas son avis. Cela suscita davantage de protestations, y compris de la part de membres du conseil d’administration.

Rapidement, les membres dissidents du conseil d’administration, moi y compris, furent eux aussi écartés et remplacés — sans aucun vote ni processus décisionnel. D’autres sympathisants, parmi lesquels figuraient les plus grands experts universitaires mondiaux de la Famine irlandaise au Canada, furent aussi exclus.

Les réactions ne tardèrent pas et diverses parties prenantes, dont les « Mères mohawks », réclamèrent un examen indépendant de la gouvernance. En juin 2023, un article intitulé « Mohawk Mothers defend Black Rock gravesite » fut publié dans le journal Eastern Door.

Dans cet article, Kwetiio, une mère mohawk affirmait :

« Cela m’a beaucoup agacée qu’un membre du conseil d’administration utilise cette plate-forme pour défendre le maintien de la statue de John A. Macdonald, car cela va à l’encontre de nos valeurs et relève du racisme. » Elle a ajouté : « Il est tout à fait inacceptable de tirer profit du lieu de sépulture de quelqu’un, et ce lieu ne devrait d’ailleurs pas être détruit. »

Cependant, Hydro-Québec est désormais responsable du projet après avoir acheté le terrain destiné à une sous-station électrique.

Ses responsables ont refusé de prendre en compte l’évaluation de la gouvernance.

En octobre de la même année, l’émission The Passionate Eye sur les ondes de CBC diffusa un épisode intitulé « Inside the Statue Wars ». L’équipe s’était penchée notamment sur le déboulonnage des statues coloniales qui furent aussi peintes en rouge partout au Canada en raison de leur lien avec le génocide des peuples autochtones.

Cet épisode mettait en scène divers représentants autochtones et universitaires qui expliquaient pourquoi ces statues génocidaires étaient offensantes et devaient être retirées. Fergus Keyes apparaissait également dans ce documentaire, défendant avec vigueur le maintien de ces statues coloniales racistes. Selon la CBC :

« Fergus Keyes est directeur de la Fondation du Parc du Monument irlandais de Montréal et se décrit lui-même comme un passionné d’histoire. Il est un fervent admirateur de John A. Macdonald et a même chez lui une statue miniature du premier premier ministre du Canada. »

Cette statue n’est pas le seul objet répréhensible de la collection funèbre de Keyes. À ;a suite de l’excavation du site afin d’ériger un pylône pour le réseau du REM, Keyes a assisté à l’exhumation des squelettes. Il en a profité pour dérober un morceau d’un cercueil brisé datant de la famine dans ce lieu de sépulture sacré. Cette relique est désormais accrochée à son mur.

Lors d’un scandale ultérieur, Fergus Keyes est passé outre le conseil d’administration pour s’associer à une microbrasserie locale afin de créer une bière « Black Rock ».

Cela suscita un tollé, et Victor Boyle exigea que la microbrasserie cesse immédiatement de produire cette stout « Irish Famine ». Il la compara à du « vin de l’Holocauste ».

M. Boyle déclara : « Malheureusement [la microbrasserie] a eu affaire à une personne qui a agi de son propre chef et n’a pas fait part de son idée à l’AOH, au conseil d’administration de la fondation du parc ni à la communauté irlandaise. »

Puis, en mars 2024, la Fondation du Parc irlandais de Montréal a riposté. Elle a déclaré sur sa page Facebook que Victor Boyle avait « quitté » ses fonctions, car il « ne partageait plus la vision des autres administrateurs et partenaires de la Fondation concernant l’avenir du projet et la meilleure façon d’atteindre nos objectifs », en raison de « divergences de points de vue ».

Cependant, en tant que président de l’Ancient Order of Hibernians (AOH) et de la Fondation du Parc commémoratif irlandais, Victor Boyle affirme catégoriquement qu’il n’est jamais « parti » de son plein gré, mais qu’il a été écarté. Il a décidé d’intenter une action en justice.

L’AOH a pour objectif de protéger le cimetière contre toute profanation depuis la création de son antenne canadienne en 1892 (l’AOH américaine ayant été fondée en 1836).

Exclure le président de l’association revient à porter un coup dur à la communauté irlandaise locale et aux milliers de victimes de la Grande Famine inhumées à Black Rock.

En 2025, la fondation du parc Irlandais de Montréal a annoncé qu’elle retenait la firme d’architectes Lemay pour la création du parc.

La firme Lemay a été fondée en 1957, et son site internet affirme ceci : « Inspiré et fort de sa créativité transdisciplinaire, le cabinet a également développé sa propre approche NET POSITIVETM fin de guider ses équipes vers des solutions durables qui façonnent un avenir meilleur. »

Cependant, le projet présenté suscite beaucoup de critiques parmi les nombreuses parties prenantes qui ont été écartées du projet de parc.

Tout d’abord, ce projet repense le cimetière pour en faire un parc communautaire, avec une vaste zone recouverte de dalles de pierre entourant la Roche noire. Il prévoit également la construction de structures semblables à des rideaux au sein du cimetière, qui masqueront efficacement la Roche noire aux regards des passants.

Selon Lemay : « Au cœur du site se trouve une esplanade en terrasse, où le rocher noir, élément central, est mis en valeur par un plan d’eau qui reflète le ciel et évoque la périlleuse traversée de l’océan vécue par les immigrants irlandais. »

Ironiquement, les images de conception publiées par Lemay concernant la « pièce d’eau réfléchissante » montrent plusieurs enfants s’amusant joyeusement dans l’eau, comme ils le feraient dans une aire de jeux d’eau.

D’autres images présentées par la firme montrent des personnes promenant leurs chiens dans ce cimetière sacré. De plus, dans le projet proposé, les espaces verts situés en dehors de la « partie centrale » pavée sont parsemés de rochers.

Dans l’ensemble, le concept de Lemay évoque sans doute davantage un espace de loisirs qu’un cimetière sacré. L’atmosphère qui s’en dégage semble ludique, décontractée et multifonctionnelle. Les gens qui promènent leur chien, les enfants à la recherche d’une aire de jeux d’eau et les joggeurs risquent fort de déconcentrer ceux qui souhaitent se recueillir sur l’histoire tragique de ce lieu de sépulture et sur les 6 000 âmes qui y reposent.

En comparaison, le cimetière de la Grande Famine irlandaise à Grosse-Île est très bien aménagé. La fosse commune est recouverte d’herbe, les tranchées d’inhumation soulignées par des creux dans le sol, et le site est balisé par des dizaines de croix blanches.

Il est déconseillé de marcher sur le site de la fosse commune. À la place, un espace commémoratif a été aménagé, où les visiteurs peuvent se tenir en contemplant les monticules ondulants et les quelque 5 000 réfugiés irlandais qui y sont enterrés.

Cette expérience est profondément émouvante pour plusieurs.

De plus, une croix celtique en granit de 14 mètres de haut domine Telegraph Hill, le point le plus haut de l’île. Érigé en 1909 par l’AOH, ce monument solennel vient parfaire le cimetière grâce à ce symbole religieux irlandais.

Dans son ensemble, l’aménagement de Grosse-Île est remarquable. Il respecte le cimetière de la Grande Famine et offre aux visiteurs une atmosphère sobre et propice à la contemplation qui laisse un souvenir impérissable.

En revanche, le concept NET POSITIVE™ de Lemay met en avant « l’engagement de la firme à créer des cadres de vie durables, sains et accessibles pour le tout ».

Bien que les objectifs de Lemay soient nobles, le cimetière de Black Rock doit être un espace à la mémoire des 6 000 victimes de la famine irlandaise qui y sont enterrées. Le concept actuel, bien qu’il parte d’une bonne intention, est loin de rivaliser avec le cimetière de la famine de Grosse-Île, qui est de classe mondiale.

Cela n’est peut-être pas surprenant, étant donné que la Fondation du parc du Monument irlandais a écarté ses plus éminents experts : le président de l’AOH, Victor Boyle, ainsi que d’innombrables universitaires, historiens, artistes conceptuels, etc.

La question reste de savoir comment les fantômes de la Grande famine réagiront au projet de conception du parc. Les morts n’aiment guère qu’on leur manque de respect, et l’idée que des enfants pataugent dans le plan d’eau au-dessus de leurs sépultures, tandis que des promeneurs de chiens et des joggeurs traversent le cimetière, risque de ne pas leur plaire. Cela pourrait bien provoquer encore plus d’apparitions fantomatiques.

Une chose est sûre : pour que ce projet arrive à bon terme, il est impératif de réinviter les experts à y participer. Le projet de Lemay doit être repensé en consultant les parties prenantes initiales. Ce n’est qu’ainsi qu’un parc de classe mondiale pourra être conçu et aménagé au cimetière de la Grande famine irlandaise de Black Rock.

Nouvelles de la société

Montréal hanté et Dominique Desormeaux vous invitent à leur nouvelle enquête paranormale : Le sombre passé de la Nouvelle-France. L’événement se déroule dans le Vieux-Montréal, à partir du 29 mai en français et du 30 mai en anglais. Plus de détails et les informations sur la billetterie seront disponibles d’ici la fin de la semaine. Consultez nos réseaux sociaux et notre site web.

La visite guidée sur la Grande Famine irlandaise reprend le samedi 30 mai à 14 h. Donovan King vous emmène sur les sites clés associés à « 47 », l’année où 75 000 réfugiés irlandais fuyant la famine ont débarqué sur les quais de Montréal. Parmi eux, la Roche Noir, sujet de cet article.

Après une phase de test, nous lancerons officiellement « Les secrets coloniaux du Vieux-Montréal » plus tard ce mois-ci. Animée par Sophie-Claude Miller, cette visite guidée en journée vous permettra de découvrir, au-delà des clichés touristiques, les histoires cachées, les faits passés sous silence et les vérités plus sombres de ce quartier.

Le Vieux-Montréal hanté continue, et Griffintown hanté, Le Centre-ville hanté et le Mont-Royal hanté s’y ajoutent à notre programme de visites hantées publiques en plein air. Animées par un comédien et conteur professionnel, ces visites théâtralisées explorent le passé hanté et caché de Montréal, ainsi que son présent fantomatique.

Notre Tournée de bars hantés a toujours lieu tous les dimanches à 15 h en anglais et le dernier dimanche de chaque mois à 14 h en français. Cependant, lorsqu’un match des séries éliminatoires des Canadiens de Montréal se déroule au Centre Bell le dimanche, les bars de notre circuit situés à proximité seront complets, et la tournée des bars hantés sera donc annulée. Nous travaillons à trouver une autre date pour ces semaines-là, afin que vous puissiez tout de même profiter de quelques verres et encourager les Canadiens.

Des visites privées pour toutes nos expériences peuvent être réservées à tout moment en fonction de la disponibilité de nos acteurs.

Les clients peuvent demander n’importe quelle date, heure, langue et visite opérationnelle. Ces visites sont basées sur la disponibilité de nos comédiens et commencent à 250$ pour des petits groupes jusqu’à 8 personnes.

Vous pouvez également apporter l’expérience Montréal hanté à votre fête de bureau, à votre maison, à votre école ou à votre événement en réservant dès aujourd’hui l’un de nos conteurs fantômes en tournée.

Écoutez quelques-uns des récits les plus effrayants de nos visites et de notre blog racontés par un acteur et conteur professionnel. Vous fournissez le lieu, nous fournissons les histoires et le conteur. Renseignez-vous et contactez info@hauntedmontreal.com

Dans d’autres nouvelles, si vous voulez offrir à quelqu’un une expérience hantée en cadeau, vous le pouvez certainement !

Nous offrons des chèques-cadeaux Montréal hanté sur notre site Web et échangeables via Eventbrite pour l’un de nos événements en personne ou virtuels (sans date d’expiration).

Notre boutique en ligne est hors service pour les prochains mois. Si vous souhaitez acheter des t-shirts ou des tasses à l’effigie de Haunted Montreal entre-temps, veuillez nous contacter à l’adresse info@hauntedmontreal.com

Holly et Dr. Mab sont de retour ! Désormais membres de Stygian Media, ils continueront de publier des vidéos de Montréal hanté, inspirées de nos blogs en anglais et en français, ainsi que d’autres contenus sur le thème de l’horreur.

N’hésitez pas à liker, vous abonner et activer la cloche !

Montréal hanté modifie son expérience de blog en raison d’un engagement sur un gros projet d’écriture ! Jusqu’à nouvel ordre, des nouvelles histoires du blogue Montréal hanté seront proposées tous les deux mois, tandis que tous les deux mois, une mise à jour d’une ancienne histoire sera proposée.

Montréal hanté tient à remercier tous nos clients qui ont assisté à une marche fantôme, une tournée des pubs hantés, une enquête paranormale ou un événement virtuel !

Si vous avez apprécié l’expérience, nous vous encourageons à écrire une critique sur notre page Tripadvisor et/ou Google Reviews, ce qui aide vraiment Montréal hanté à commercialiser ses circuits.

Enfin, si vous souhaitez recevoir le blogue de Montréal hanté le 13 de chaque mois, veuillez vous inscrire à notre liste de diffusion.

À venir le 13 : le retour du fantôme de Mary sans tête, le 27 juin

Tous les sept ans, à la date anniversaire de son assassinat, le fantôme sans tête de Mary Gallagher revient à Griffintown. Sa dernière apparition remonte à 2019, ce qui signifie qu’elle revient cette année encore. Montréal hanté prévoit toute une série d’activités, notamment un lancement de livre, le dévoilement d’une statue, des visites hantées, une veillée à la lueur des bougies et bien plus encore pour lui souhaiter le retour ! Restez à l’écoute pour plus de détails !

Auteur :

Donovan King est un historien postcolonial, il est également enseignant, guide touristique et acteur professionnel. En tant que fondateur de Montréal hanté, il combine ses compétences pour créer les meilleures histoires de fantômes, se déroulant à Montréal, à la fois en écriture et en théâtre. King est titulaire d’un DEC (théâtre professionnel, collège John Abbott), d’un baccalauréat en Beaux-Arts (théâtre dramatique en éducation, université de Concordia), d’un baccalauréat en éducation (histoire et enseignement de l’anglais, université de McGill), d’une maîtrise en théâtre (université de Calgary) et d’AEC (Montréal guide touristique, Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec). Il est également certifié comme Spécialiste de Destination Montréal.

Traductrice :

Claude Chevalot détient une maîtrise en linguistique appliquée de l’Université Mcgill. Elle est rédactrice, réviseure et traductrice. Depuis plus de 15 ans, elle se consacre presque exclusivement à la traduction littéraire et à la traduction de textes sur l’art actuel et contemporain.

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