Voici venue la sixième édition du Blogue de Haunted Montréal! Disponible le 13 de chaque mois, l’édition d’octobre dévoile notre nouveau tour de fantômes Haunted Griffintown ainsi que les résultats des recherches que nous avons menées dans la bibliothèque McLennan de l’université McGill.

Des tours de fantômes ouverts à tous ou en réservations privées sont offerts pour Haunted Griffintown, Haunted Downtown Montréal et Haunted Mountain.

Haunted Nouvelles

Haunted Montréal est heureux d’annoncer un nouveau tour de fantômes pour la saison d’Halloween 2015, Haunted Griffintown!

Griffintown est un des quartiers les plus historiques de Montréal, mais aussi un des plus hanté. Cette partie de la ville a été témoin de multiples événements marquants, depuis l’arrivée des réfugiés irlandais lors de la famine de 1847, à la révolution industrielle, en passant par la pire catastrophe aérienne que Montréal ait connue. Aujourd’hui les tours de condominiums s’y multiplient mais les nouveaux résidents ne sont pas sans savoir que ce secteur était autrefois un bidonville bruyant et que les fantômes y sont courants!

La visite du Griffintown hanté vous fera découvrir des ruines mystérieuses, des tunnels abandonnés, un canal pollué, d’anciens cimetières et des bâtiments effrayants réputés hantés. Vous verrez qu’une antique brasserie décrépie accueille des médiums à la recherche d’une jeune fille assassinée, qu’un condominium rappelle aux résidents son passé de chocolaterie et que les ruines fantomatiques de l’église St. Ann sont parfois témoins d’activités paranormales.

Vous allez en apprendre davantage sur le « Black’47 », quand le quartier fut frappé par l’une des pires tragédies canadiennes alors que des dizaines de milliers d’immigrants irlandais atteints du typhus débarquèrent de « bateaux cercueils » après avoir traversé l’océan Atlantique. Malgré les efforts héroïques des sœurs et du maire John Mills pour soigner dans des hangars les victimes de la fièvre, la maladie a tué plus de six mille personnes, incluant le maire lui-même. La plupart des défunts furent enterrés dans des fosses communes avoisinantes qui ne finissent pas d’être en proie à l’activité industrielle.

Vous découvrirez également le mystère tragique qui entoure le bassin Peel, site de nombreuses noyades au fil des ans, dont un cas récent qui pourrait être celui d’un tueur en série. Vous serez également initié à la théorie de conspiration qui entoure la pire catastrophe aérienne qu’ait connue Montréal, quand lors de la Seconde Guerre mondiale une bombe d’un Liberator s’est écrasée dans le quartier, faisant 15 morts.

Enfin, vous entendrez parler du conte dérangeant de Marie Gallagher, la prostituée sans tête, l’histoire de fantôme la plus tristement célèbre de Montréal. Elle s’est faite assassinée et décapitée par sa meilleure amie Susie Kennedy en 1879. Le fantôme sans tête de Marie Gallagher est dit revenir tous les sept ans dans Griffintown, en quête de sa tête.

Pour la saison d’Halloween 2015, Haunted Montréal est heureux d’offrir le tour Haunted Griffintown aux dates suivantes :

Vendredi 16 octobre à 20h00
Samedi 17 octobre à 20h00
Vendredi 23 octobre à 20h00
Samedi 24 octobre à 20h00
Vendredi 30 octobre à 20h00
Samedi 31 octobre à 20h00

Le tour de fantômes commence à 20h00 au Café Griffintown, un bistro-pub artistique au menu exceptionnel(1378 rue Notre Dame Ouest, à quelques coins de rue au sud de la station de métro Lucien L’Allier). Veillez à être prêts à décoller du Café Griffintown au moins 10 minutes avant le début de la visite. Haunted Montréal recommande fortement à ceux et celles qui souhaiteraient souper ou prendre un verre avec des tapas, avant le tour des fantômes, de faire une réservation au Café Griffintown. Cliquez ici pour plus d’information et ici pour acheter des billets.

Pour la saison d’Halloween 2015, Haunted Montréal offre également les dernières visites pour ses tours Haunted Downtown (dimanche 18 octobre à 20h00) et Haunted Mountain (dimanche 25 octobre à 20h00).

Nous invitons ceux et celles d’entre vous qui auraient assisté à un tour des fantômes à donner leur avis sur notre page TripAdvisor.

* Pour le moment, les tours sont uniquement présentés en anglais.

Haunted Recherches

En plus des recherches approfondies menées dans Griffintown, Haunted Montréal s’est penché sur l’esprit mystérieux qui hante l’imposante bibliothèque McLennan de l’université McGill.

Les mots « In the quiet still air of delightful studies » (dans l’ambiance paisible et silencieuse de délectables études) sont inscrits sur le mur qui jouxte un escalier extérieur de la bibliothèque McLennan. Pourtant, si l’on en croit les rumeurs, la tranquillité ambiante du sixième étage est parfois compromise par un esprit qui est quant à lui réputé pour perturber la quiétude et les études délectables qui font la renommée de McGill – en surprenant et en terrifiant des étudiants sans méfiance!

Le sixième étage de la bibliothèque McLennan est prétendument hanté par l’apparition spectrale d’un vieil homme portant un étrange manteau. Il est connu pour flotter tranquillement au-dessus du sol, tantôt en direction d’étudiants profondément plongés dans un livre ou encore de bibliothécaires qui s’affairent à remplir les étagères. Une fois qu’elle a choisi sa cible, l’apparition est réputée pour se glisser derrière celle-ci et se cacher en restant presque tout à fait immobile. Elle fixe alors sa victime jusqu’à ce que celle-ci le remarque. Quand la personne se met tout à coup à réagir, habituellement en bondissant de sa chaise et en criant, le fantôme est dit se métamorphoser dans les airs, laissant alors la victime honteuse d’avoir brisé le silence serein qui fait que la bibliothèque McLennan est si prisée.

Il y a très peu d’information quant à savoir qui pourrait être cette apparition et la raison pour laquelle elle hanterait le sixième étage de la bibliothèque. Le squelette de béton qui héberge la librairie date de 1969 mais il fut bâtit sur un terrain où était érigé jadis un élégant manoir du 19e siècle. La belle demeure était nommée « Dilcoosha », un mot hindoustani souvent utilisé par les princes et nobles indiens pour désigner le jardin de leur palais et qui signifie « joie de l’âme ». Cette exquise résidence était originellement celle de Jesse Joseph, un financier montréalais au franc succès.

Dilcoosha était l’une des nombreuses demeures élaborées du Mile carré doré de Montréal. Conçu dans un style exotique connu sous le nom de renaissance égyptienne, Dilcoosha arborait des hauts plafonds, un intérieur somptueux, des meubles opulents, un escalier central tout en courbes et à l’étage une charmante salle circulaire avec des alcôves pour les statues. À l’extérieur, on trouvait un magnifique jardin de fleurs parfumées. Jesse Joseph aimait le jardinage et avait méticuleusement planifié les parterres de Dilcoosha pour garantir une profusion de fleurs colorées du printemps à l’automne.

Dans la vie, Jesse Joseph était un énergique célibataire endurci qui aimait vivre dans la tradition aristocratique. Il appréciait recevoir et divertir l’élite montréalaise en organisant des fêtes somptueuses et élaborées dans sa maison resplendissante.

En été, les passants s’arrêtaient pour admirer le jardin de Dilcoosha et on trouvait des rassemblements de personnes devant la maison même en hiver. Un club de raquette se constitua là, au pied de la rue McTavish. Après avoir enflammé des torches, ils gravissaient le Mont-Royal en rang les uns derrière les autres. Grimpant au loin avec leurs raquettes, ils se seraient souvent recueillis sur la tombe du baron de la fourrure Simon McTravish sur leur chemin vers le sommet, prétendument pour « stimuler son esprit ». Lors de ses sombres nuits glaciales, le cortège ressemblait, vu de la ville en-dessous, à un serpent de feu qui gravissait furtivement la montagne à travers la forêt clairsemée.

Fier propriétaire de Dilcoosha, Jesse Joseph appréciait l’attention qu’il recevait. En tant qu’homme d’affaires juif aux nombreux intérêts, il fut président de la compagnie de gaz de Montréal et de la City Passenger Railway. Il a aussi exploité le Théâtre Royal, le plus beau théâtre de Montréal, encouragé le commerce entre le Canada et la Belgique (ce qui lui a valu le titre de « consul de la Belgique à Montréal »), géré le vaste patrimoine immobilier de la ville et il fut même membre exécutif de la SPCA. Par la suite, le fier jardinier Jesse Joseph a également passé d’innombrables heures hivernales à planifier méticuleusement son jardin, qui était dit l’un des plus beaux du Mile carré doré. Globalement, Jesse Joseph embrassait sa réputation d’homme aux goûts extrêmement raffinés. Il mourut en 1904 à l’âge de 86 ans.

Dilcoosha fut achetée avec des intérêts commerciaux, dans l’espoir de la démolir pour ériger sur le site un luxurieux hôtel Ritz-Carleton. Cependant, un bienfaiteur de McGill nommé Sir William MacDonald s’y opposa, suggérant à la place l’incorporation de  Dilcoosha au campus. Grâce à ses puissantes relations d’affaires, MacDonald fut en mesure d’écarter les plans de l’hôtel et en 1909 il racheta la propriété et l’offrit promptement à l’université McGill.

Pendant la première guerre mondiale, Dilcoosha servit de quartier général pour le chapitre du COTC de McGill ou le contingent McGill du Corps-École d’officiers canadiens. L’université McGill était active dans le recrutement et la formation des officiers parmi ses étudiants. Les officiers en formation utilisaient le long hall situé à l’étage de Dilcoosha pour se pratiquer au tir ciblé, quelque chose que Jesse Joseph n’aurait vraiment pas approuvé.

Après la guerre, en 1919, Dilcoosha devint le premier musée McCord. McGill avait hérité des vastes collections de David McCord, un avocat municipal excentrique qui avait passé une grande partie de sa vie à collectionner des objets rares en lien avec l’histoire du Canada. Dilcoosha, bien qu’elle fût criblée de balles, fut considérée comme un endroit idéal pour accueillir et mettre en valeur la nouvelle collection d’artefacts canadiens de l’université McGill.

En 1955, des fonctionnaires universitaires détectèrent des problèmes structuraux dans l’un des murs de Dilcoosha. Dès lors, la somptueuse demeure  commença à apparaître comme délabrée et ladécision de la démolir fut adoptée. Les artefacts de McCord furent relocalisés dans la maison Hodgeson au coin des rues Drummond et Dr. Penfield, et Dilcoosha fut mise à terre sans management. Le magnifique jardin et le radieux manoir furent remplacés par un terrain vague de mauvaises herbes. Dès lors, des rumeurs circulèrent sur le fait que Jesse Joseph s’était retourné dans sa tombe.

Après être resté en jachère pendant 12 ans, le lot situé au coin nord-est des rues Sherbrooke et McTravish fut finalement reconverti. Entre 1967 et 1969, la librairie McLennan vit le jour. Elle fut nommée en l’honneur d’Isabella McLennan, une bienfaitrice qui avait donné à l’université McGill une petite fortune pour acheter des livres. C’est la firme Dobush, Stewart et Bourke qui construisit la structure imposante en béton armé de sept étages. Le style qui avait alors été choisi fut le brutaliste.

Le brutalisme est un mouvement architectural qui a prospéré des années 1950 jusqu’au milieu des années 70. Dans la lignée du mouvement moderniste, les bâtiments brutalistes arboraient généralement des formes angulaires de base et étaient  conçus en béton armé. L’accent était mis sur l’utilité et non le style.

À bien des égards, l’architecture brutaliste de la librairie McLennan est l’exact opposé du style renaissance égyptienne de Dilcoosha. Alors que Dilcoosha fut connue pour être tout aussi exotique, magnifique et exceptionnelle que son propriétaire Jesse Joseph, la librairie McLennan est probablement davantage décrite comme étant banale, sans âme et inintéressante.

Bien qu’il n’y ait aucune preuve qui permette d’identifier le fantôme qui hante le sixième étage, il y a une forte probabilité que l’esprit flottant ne soit nul autre que Jesse Joseph lui-même. La description la plus commune de ce fantôme porte sur son « étrange vieux manteau » et de vieilles photographies de Jesse Joseph le montre justement porter un manteau qui pourrait être dépeint ainsi.

De nombreuses histoires de fantômes impliquent des personnes qui, une fois décédée, reviennent comme esprits sur les lieux qui leur sont chers. Est-ce que le fantôme de Jesse Joseph est resté à Dilcoosha après sa mort en 1904? Cette hypothèse n’est peut-être pas si farfelue quand on connaît son amour pour son manoir exotique et son merveilleux jardin, ainsi que sa réputation d’homme aux goûts les plus épicuriens.

Si tel est le cas, l’esprit de Jesse Joseph aurait été témoin de la décrépitude de sa magnifique demeure avant qu’elle n’eut été mise sur le marché, utilisée pour la pratique du tir par des élèves turbulents et remplie d’artefacts canadiens avant d’être finalement démolie sans aucune cérémonie. L’unique et magnifique Dilcoosha qui faisait sa joie et sa fierté n’était plus. À la place, surgit la laide, bétonnée et brutaliste librairie McLennan.

Alors qu’il est parfaitement  possible que le spectre qui hante les allées de la librairie soit Jesse Joseph, il n’y a aucune explication sur la raison pour laquelle il hanterait uniquement le sixième étage. Une chose est sûre, étant un esprit connu pour flotter dans les airs, il n’aurait donc aucune difficulté à se frayer un chemin jusqu’au dernier étage de la librairie McLennan.

À venir le 13 novembre: Haunted tunnel de Wellington. Cachée dans Griffintown, juste à côté de la rue Wellington, près du pont du canal Lachine, se trouve une série de tunnels abandonnés et décrépits. Couverts de graffitis et protégés par des barreaux de fer semblables à ceux des enceintes carcérales, le terrifiant tunnel Wellington et ses environs sont réputés pour être hantés par le fantôme d’un garçon vêtu d’un costume. Construits durant la Grande dépression de 1931, les différents tunnels ont servi aux voitures, aux piétons et aux tramways, permettant ainsi aux navires sur le canal de se déplacer plus rapidement. Auparavant, on avait recourt à un pont tournant. Le tunnel a développé une réputation d’endroit sale et dangereux, bouché par la fumée, et fut abandonné en 1995. Mais qui est ce jeune fantôme bien habillé qui hante les environs?7

Donovan King est historien, professeur et acteur professionnel. Fondateur de Haunted Montréal, il coordonne ses talents pour créer les meilleures histoires de fantômes possibles, que ce soit dans la qualité rédactionnelle ou dans la performance théâtrale. Donovan King détient un DEC en Interprétation théâtrale (Collège John Abbot), un Baccalauréat en arts appliqués (Arts dramatiques en éducation, Université Concordia), un Baccalauréat en éducation (Enseignement de l’histoire et de l’anglais, Université McGill) et une Maîtrise en arts appliqués (Études théâtrales, Université de Calgary).

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