Bienvenue à la vingt-septième édition du blogue de Montréal hanté ! Nos articles paraissent le 13 de chaque mois. Dans celle de juillet 2017, notre recherche se focalise sur la Maison Pierre du Calvet, une maison supposément hantée dans le Vieux Montréal. Nous sommes ravis de vous annoncer que notre saison grand public est d’ores et déjà ouverte. Notre visite du Griffintown a lieu les vendredis soirs, et celle du Mont-Royal les samedis soirs ! Afin de recevoir nos nouvelles histoires le 13 de chaque mois, veuillez vous inscrire à notre liste d’envoi à droite de l’écran.

ENQUÊTE DU PARANORMAL

Une des plus vieilles maisons de la ville — en fait la sixième, la Maison Pierre du Calvet fut construite sous le régime français en 1725 ; son architecture est remarquable et son histoire fascinante.

De l’extérieur, la façade bretonne en pierre est un mur de 3 pieds d’épaisseur avec des volets de fer, une haute cheminée, des fenêtres françaises et un toit en pente. La maison dut être bâtie en pierre après qu’une loi fut promulguée interdisant les murs de bois intramuros à la suite d’un incendie dévastateur en 1721.

Le nom vient de Pierre du Calvet, l’un des personnages historiques les plus colorés de Montréal. Huguenot et marchand de France, il partit pour la Nouvelle-France en 1758 après que son beau-cousin lui fournit le capital requis pour acheter des produits commerciaux. Malheureusement, Le Lion, son navire, naufragea environ 160 km de Québec. Suivant sa perte, il fut forcé à trouver du travail dès son arrivée.

Après moult durs labeurs, il se ressaisit et opéra en tant que marchand pour deux ans jusqu’à la conquête britannique en 1760. Les nouveaux seigneurs anglais le nommèrent vite juge de paix, peut-être en raison de sa foi protestante.
En 1771, Pierre du Calvet acheta un vieux bâtiment de pierre suivant son mariage avec Marie-Louise Jusseaume, avec laquelle il planifiait avoir plusieurs enfants. Malheureusement, deux de ses enfants moururent jeunes. Pour empirer les choses, trois ans seulement après son mariage, sa femme mourut ; dans des circonstances mystérieuses selon certains.

L’année suivante, Montréal fut envahie par les Américains et occupée par la nouvelle armée continentale pendant la Révolution américaine. Le but de la campagne était de prendre la province britannique de Québec et convaincre les Canadiens-Français de défendre la cause des Treize colonies.

Et comme l’armée américaine occupait Montréal en 1775, Pierre du Calvet levait des sourcils quand il soutenait ouvertement les envahisseurs. Non seulement offrait-il des vivres, mais il animait des rencontres dans sa maison entre les chefs américains, incluant Benjamin Franklin.

L’occupation américaine avait duré à peine 188 jours, et les autorités britanniques ne tinrent pas Pierre du Calvet en estime une fois que les envahisseurs avait fui la ville. Accusé de trahison, il fut emprisonné trois ans et sa maison fut saisie par le gouvernement britannique.

Pierre du Calvet passera le restant de sa vie à tenter sans succès à prouver son innocence aux Britanniques tout en essayant simultanément d’obtenir une compensation des Américains pour son soutien. Il disparut en mer en 1784, quand le Shelburne, le navire qui le transportait de New York en France, échoua dans l’Atlantique.

Au fil des ans, sa maison fut plusieurs fois échangée, même Jacques Viger, le premier maire de Montréal, y habita.

En 1960, le Vieux Montréal était presqu’une ville fantôme. Une légion de fermiers abandonna la Place Jacques Cartier comme site de commerce à la suite de la fermeture du marché Bonsecours. Le secteur du Vieux Montréal devint désert et compta 200 résidents à peine. Les défenseurs du patrimoine, qui essayaient de conserver le quartier sous les feux de la démolition, oeuvrèrent fort à le faire désigner quartier historique. Grâce à leurs efforts, en 1960 les plans pour une autoroute passant par le Vieux-Montréal furent abandonnés ; l’autoroute Ville-Marie fut construite plus au nord.

Quand les responsables furent finalement convaincus que le Vieux-Montréal était digne d’être gardé, le gouvernement du Québec le désigna quartier historique en 1964.

En 1962, Jean-Jacques Trottier et Gertrude Beaupré-Trottier décidèrent de s’impliquer pour résoudre le problème du patrimoine. Ils re-localisèrent leur famille et sept enfants dans la maison de Du Calvet et y fondèrent le restaurant Les Filles du Roy, le meublant avec de belles antiquités, telles des chaises d’osier dont les coussins étaient fabriqués avec des pantalons de garçons. Le couple orna les murs avec des portraits de famille.

Gaëtan Trottier, fils de Jean-Jacques, et son associé Ronald Dravigné achèteront plus tard la maison Pierre du Calvet afin de garder l’édifice dans la famille Trottier.

Aujourd’hui, la Maison Pierre du Calvet, en tant que boutique-hôtel intime de 9 chambres, accueille les réceptions privées, les rencontres d’affaires, les mariages et les escapades romantiques. Son restaurant gastronomique Les Filles du Roy, se spécialise en cuisine québécoise. L’hôtel a un beau décor intérieur, incluant maintes antiquités, et ses chambres son luxueuses. On y trouve aussi une serre victorienne où trois perroquets bilingues vivent en cage : Pedro, Chico et Coquette. La Maison Pierre du Calvet est populaire auprès des vedettes comme Richard Gere, Sophia Lauren et Brad Pitt, qui ont résidé ici en 2007 lors du tournage à Montréal de L’Étrange Histoire de Benjamin Button.

Si les chambres se louent à près de 400 $ la nuit, la Maison Pierre du Calvet offre une expérience inoubliable aux visiteurs qui veulent tremper dans l’histoire de Montréal – et même voir des fantômes !

Des sources variées suggèrent que l’auberge soit hantée, que des apparitions de Marie-Louise Jusseaume et d’un brasseur de carte vêtu d’un habit du 19e siècle ont été vues à différentes occasions.

Des invités rapportent entendre des voix désincarnées, voire des conversations. Un autre cas parle d’une empreinte profonde apparue sur le lit nouvellement fait de la chambre 1, comme si quelqu’un y dormait. Des lumières anormales ont aussi été photographiées dans la chambre..

Une étrange présence féminine, crue être Marie-Louise, est ressentie dans l’auberge. Certains sentent ce fantôme débonnaire tandis que d’autres le sentent en tout menaçant. Marie-Louise est le plus souvent vue et sentie en chambre 3, où une invitée s’est plaint d’une femme assise au bord de son lit toute la nuit, la privant de sommeil.

En 2016, une femme nommée Katariina, une entraineuse en santé holistique de la région de San Francisco Bay, réserva chez la Maison du Calvet après avoir su que c’était hanté. Son blogue disait :

« J’ai lu quelques critiques avant de réserver ; ce qui m’avait accrochée, c’était les histoires de fantômes. Vous savez que j’aime communiquer avec les esprits. Croyez-le ou non, autour de 7 heures, le fantôme est apparu. Il faisait noir dans notre chambre et j’ai senti quelqu’un saisir mon bras doucement et le tenir. J’ai senti la présence et j’ai commencé à paniquer, mais j’étais incapable de bouger, crier ou même ouvrir mes yeux, quoiqu’en fût mon effort. Je ne sais combien de temps est passé, mais éventuellement j’ai pu frapper avec mon pied, ouvrir mes yeux, me tenir et demander à mon mari d’ouvrir la télé pour qu’on eût de la lumière dans la chambre. J’étais pas mal ébranlée, mais je me suis forcée à dormir ; j’en avais tant besoin. »
Selon une autre cliente qui laissa une critique sur Tripadvisor, la chambre 3 serait hantée. Elle écrivit : « Après qu’on s’est enregistré, on nous a mené à notre chambre, que Brad Pitt venait de quitter. La chambre était au premier avec un beau lit – très genre antique. Je me sentais comme une princesse. On y est resté 3 nuits… Parlant du fantôme, la deuxième nuit je me suis réveillée pour voir au pied de mon lit, étrangement, un homme vêtu d’un style fin 1800, assis à la table en brassant des cartes… »
La présence fantomale est vérifiée par Haunted Canada 5, dans lequel une version de l’histoire écrite par Joel A. Sutherland est titrée Entrez dans le froid.

Sutherland mentionne que le personnel a vu d’étranges choses et senti une présence fâchée dans les chambres et couloirs. » Il pense que le fantôme de Marie-Louise Jusseaume interagit autant avec le personnel et les invités qu’avec les perroquets de la serre !

Au sujet du personnel, Sutherland décrit un homme qui, travaillant une nuit dans le restaurant de l’hôtel, sentit la présence de Marie-Louise Jusseaume pendant qu’il nettoyait, seul.

Selon l’auteur : « Au début, l’esprit lui sembla assez gentil, et il essayait de l’ignorer, inconscient qu’il le faisait à son péril. Le fantôme exigeait de l’attention, et l’employé sentait que l’entité devenait de plus en plus menaçante. Éventuellement, la compagnie invisible devint trop opprimante pour qu’il continuât ses tâches de fermeture, alors il vida ses poumons en lui criant de ne plus l’irriter. Visiblement, Marie-Louise comprit le message et, à partir de ce moment-là, se retira pour le laisser en paix. »

En ce qui concerne les visiteurs, selon Sutherland, bien que le fantôme terrorise souvent les clientes, « elle est charmeuse avec les hommes et leur fait des clins-d’yeux souvent. » Il croit que le fantôme de Marie-Louise Jusseaume garde un oeil sur le visiteuses et l’autre sur les hommes. Il écrit : « Les hommes qui restent à l’hôtel ont vu son fantôme entrer dans l’ombre pour leur faire un sourire et un clin d’oeil, alors qu’aux dames elle tourne le dos. »

L’explication, selon Sutherland, serait que Marie-Louise Jusseaume, de son vivant, n’aurait pas été une épouse très fidèle à son mari. Selon sa recherche : « Les rumeurs circulaient à Montréal disant que Marie-Louise s’entendait bien — trop bien — avec les invités mâles de son mari qui passaient la nuit chez eux. Ces accusations atteignirent l’oreille de du Calvet et infecta son esprit comme des asticots grouillants. Certains croient que sa jalousie enténébra son âme et, dans un transport de rage, il tua sa jeune épouse pour ses péchés. »

Toutefois, Sutherland mentionne aussi que parfois les perroquets colorés de la serre confèrent avec les fantômes. Les trois oiseaux sont connus pour accueillir les invités passant par là en pépiant leur « Allô ! allô ! »
Sutherland continue : « Leur accueil ne rate jamais de toucher le coeur de ceux qui les entendent. Bien sûr, excepté quand la serre est vide et Pedro et Chico sont entendus en train d’accueillir des visiteurs invisibles. On croit que les bêtes sont plus sensibles à la présence des défunts, et les employés de l’hôtel s’assurent de bien éviter la serre quand ils les entendent parler à une chambre vide. »

Avec tant d’histoires d’activité paranormale, la Maison Pierre du Calvet montre tous les signes d’une maison hantée.

Toutefois, le propriétaire Gaëtan Trottier n’apprécie pas toutes les rumeurs. Il nie que la maison est hantée, car il ne croit pas aux fantômes. Il affirme qu’aucun esprit hante son établissement, mais plutôt que le bâtiment irradie de la magie à cause des murs de pierre denses. En fait, il dit aux nouvelles de CBC : « La maison est très magique. En y entrant, vous sentez une atmosphère particulière. C’est comme une personne et vous le sentez. »
Écoeurée peut-être des histoires de fantômes entourant leur hôtel, la famille Trottier décida de vendre la Maison du Calvet au prix de 9,5 millions. Après 55 ans à en être les propriétaires, le maintient de l’auberge était devenu difficile pour la famille Trottier. Enfin, sa vente a été conclue en 2017 après plusieurs années sur le marché. Les nouveaux propriétaires sont les mêmes qui tiennent le restaurant voisin La Champagnerie, un bistro gastronomique spécialisé dans les champagnes.

Ils n’ont pas encore annoncé leur projet pour le bâtiment historique.

Quoi qu’ils décident d’en faire, une chose est certaine : en achetant l’ancienne Maison du Calvet supposément infestées de fantômes, ils ont eu pour leur argent bien plus que prévu.

BULLETIN DE NOUVELLES

La saison grand public de Montréal hanté est d’ores et déjà ouverte offrant les visites du Mont-Royal et du Griffintown hantés en anglais et en français. De juillet à octobre, celles du Griff hanté seront offertes les vendredis soirs et celles du Mont-Royal les samedis soirs.

Des visites extra en français ont été ajoutées pour le Mont-Royal en raison de la demande croissante.

Nous avons été occupés à créer une nouvelle entreprise appelée Secret Montreal! La nouvelle compagnie se chargera des visites du Quartier Red Light hanté, tout en offrant une visite nouvelle à pieds : celle du Montréal Burlesque, menée par de vraies reines de cet art !

Du 23 juin au 4 septembre, la visite du Quartier Red Light hanté sera offert en anglais les dimanches soirs, en français les lundis soirs, et, les vendredis soirs dans les deux langues.

Secret Montréal planifie développer d’autres visites à l’avenir, plonger dans le passé fascinant de la ville et se focaliser sur ses secrets.

Pour plus de détails sur Montréal Secret et ses visites, veuillez consulter le site.

Enfin, un grand merci à tous nos clients qui ont assisté aux visites de Montréal hanté !

Si vous en avez aimé l’expérience, on vous encourage d’écrire une revue sur notre page Tripadvisor ; un geste fort apprécié qui nous aide à promouvoir nos visites. En plus, si vous aimeriez recevoir notre Blogue les 13 de chaque mois, veuillez vous inscrire à notre liste de diffusion.

À venir le 14 août : Le Cercle des professeurs de McGill

Situé sur la rue McTavish, le Cercle des professeur de McGill accueille l’élite de l’école, incluant les professeurs, les doyens, les vice-recteurs et autres universitaires et administrateurs. Le manoir somptueux est une oasis privée sur un campus animé, un endroit où l’élite universitaire vient pour relaxer, manger, socialiser, et discuter les sujets importants. Toutefois, selon plusieurs sources, le Cercle est hanté par des spectres du passé. Conçu en 1886 par le baron Alfred Baumgarten, un magnat Allemand du sucre, le Cercle fut acquis par l’université McGill en 1926. Après qu’il fut devenu le Cercle des professeurs, ceux-ci commencèrent à sentir que quelque chose n’allait pas. Des décennies durant, il y a eu des rapports de toutes sortes d’activité paranormale dans le bâtiment, comme un piano jouant seul ou des parties de billards fantomales dans le sous-sol. C’est connu qu’une présence dangereuse terrifie les plus courageux des gardes. Une question se pose alors : qui ou quoi hante la Cercle des professeurs de l’université McGill ?

Donovan King est un historien, enseignant et acteur professionnel. En tant que fondateur de Montréal hanté, il unit ses talents pour trouver les meilleures histoires de fantômes montréalais, et les livrer par l’écriture et le jeu d’acteur. King déteint un DEC (Interprétation, Collège John Abbot), BFA (Drama-in-Education, Concordia), B.Ed (Histoire et Enseignement de l’anglais, McGill), une MFA (Études théâtrales, Université de Calgary) et une AEC (Guide touristique de Montréal, Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec).

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